A. Une entrée de ville à réhabiliter
A partir du Moulin de la Poterie, le voyageur pénètre sur le territoire du CIL de la Roche Taillée. La « route de Toulon » devient « avenue de Toulon », pour lui signifier que dorénavant il est « en ville ». Il aperçoit la colline du Château face à lui, tel un amer lui indiquant la route vers Hyères. Mais il se trouve toujours sur une départementale, bordée de majestueux platanes par endroit, mais où rien n’est sécurisé pour le piéton qui slalome entre voitures stationnées, arbres occupant l’intégralité du bas-côté, herbes folles au mieux, poubelles au pire. Le valeureux piéton, qui maintes fois aura cheminé sur la chaussée au péril de sa vie, devra attendre d’arriver à la hauteur du Chemin de Beauvallon Bas pour trouver un trottoir, et encore côté nord seulement ! Côté sud les voitures stationnées occupent le bas-côté, et ce même quand un trottoir salvateur apparait à partir de la rue du Rocher. On arrive au niveau des commerces et comme aucun stationnement n’est prévu, les trottoirs font office de parking.


Avenue de Toulon, entre chemin du Hameau de la Poterie et chemin de Beauvallon Bas – Photos BdP
B. Un quartier sans beaucoup de vie malgré quelques commerces
Les commerces ne sont pas absents dans le quartier : une boulangerie au Moulin de la Poterie, des boucheries, des instituts de beauté, des coiffeurs, un magasin de peinture, des garagistes, un fleuriste, une supérette… le tout s’étirant le long de l’avenue de Toulon, sans moyen de stationnement. Un peu plus concentrés sont les commerces avenue Riondet où, à partir de la rue Poniatowski, ils se succèdent. Banque, pizzaiolo, pharmacie, café tabac, pompes funèbres, traiteur, boulangerie, laverie, garagiste… les services ne sont pas absents. Pour y accéder les voitures se garent en double file et perturbent la circulation. En zone 30 depuis quelques temps, le traitement de l’avenue Riondet n’est cependant pas satisfaisant : rectiligne et large elle n’induit pas un ralentissement, la limitation à 30km/h n’est pas respectée. Ce sont finalement les voitures garées en double file qui apaisent la circulation. Quant aux piétons, rien ne les incitent à la flânerie ou à la rencontre : les rares bancs sont à 1m de la chaussée, voire coincés derrière les containers d’apports volontaires. Même la terrasse du café n’incite pas à faire une pause au risque de respirer les émanations des pots d’échappement des voitures.



Les commerces avenue Riondet – Photos BdP


Les commerces avenue de Toulon – Photos BdP
C. Des stationnements de plus en plus problématiques
Ce quartier bâti sur une entrée de ville s’est fait au coup par coup, sans projet d’ensemble. D’abord le long de la voie principale avenue de Toulon, puis au sud avenue Eugénie et enfin avenue Maréchal Leclerc, les immeubles et les villas ont investi les espaces agricoles avec un souci d’occupation maximale de l’espace, à de rares exceptions près (comme le Basin Royal). Les places de parking n’ont pas toujours été prévues, et même quand elles l’ont été, le jeu de la vente des garages n’est pas obligatoirement lié aux appartements. Les garages sont avant tout un placement spéculatif et il s’en trouve ainsi beaucoup de vendus ou loués à d’autres personnes que les résidents de la copropriété. Beaucoup de voitures se retrouvent donc à stationner sur la voie publique qui offre peu de possibilités. Cela crée des conflits d’usage quand les trottoirs sont envahis par les voitures ou quand les clients des commerces stationnent sur des emplacements privés. Pourtant la présence des commerces est vitale pour faire du quartier un lieu de vie et de rencontres. C’est autour et à proximité des commerces que la ville devrait réfléchir et organiser des possibilités de stationnement.
D. Une absence d’espaces verts publics et de voies douces
Sauf à grimper jusqu’au chemin de la Roquette, ligne de crête entre le Château et le Fenouillet, ce qui se mérite à pied, les habitants du CIL ne disposent d’aucun espace vert public comme lieu de promenades ou d’espace de jeux pour les enfants. De même la circulation des piétons n’est favorisée en aucune façon : absence de trottoirs avenue de Toulon, ainsi que dans les quartiers de Beauvallon Hauts et Bas, stationnements illicites des voitures sur les trottoirs quand ceux-ci existent avenue de Toulon. Il n’est pas prévu non plus des voies piétonnes en marge des routes, pour sillonner le quartier, sauf une voie piétonne chemin de Baye et le long de la résidence le Fenouillet, qui permet de joindre l’avenue de Toulon et la rue des Peupliers. Plus au nord, le chemin qui permettait de rejoindre le chemin de la Roquette depuis Beauvallon Bas est désormais impraticable, faute d’entretien.
Se déplacer dans le quartier à pied n’est pas vraiment une source de plaisir.
En ce qui concerne les déplacements à vélos, le quartier bénéficie d’une seule voie cyclable rue Yann Piat, intéressante pour aller au sud traverser la voie Olbia au moyen de la passerelle. Cependant, pour rejoindre la piste cyclable de l’avenue Maréchal Leclerc (et rejoindre ainsi la Bayorre) il est plus direct d’emprunter la rue Eugénie qui n’offre pas d’équipements cyclables. Comme ailleurs dans la ville il manque une continuité des voies douces pour permettre un usage sécurisé des vélos.
La double bande cyclable, rue Yann Piat – Photo BdP
E. Une voirie problématique dans les quartiers Beauvallon Haut et Bas
Comme cela a déjà été évoqué, les quartiers de Beauvallon Haut et Bas se sont développés sur le flanc de la colline entre Fenouillet et Maurettes, escaladant les restanques. Les villas se sont construites le long des chemins agricoles, puis se sont imbriquées avec des accès improbables. Les difficultés de circulation sur ces chemins où on ne peut se croiser inquiètent avec raison les riverains qui craignent des empêchements pour le passage des secours, en cas d’incendie par exemple. Le PUL a prévu une zone réservée pour élargir le chemin de Beauvallon Bas (n° 22 au PLU) et une autre (n°25) chemin de Beauvallon Haut. La réalité du terrain laisse entrevoir que cela ne se fera pas sans difficultés !



Le chemin de Beauvallon Bas – photos BdP
F. Une absence d’équipements pour une vie de quartier
Comme beaucoup de quartier hyérois, le nôtre ne dispose d’aucun lieu public de rencontre, d’aucune salle pouvant recevoir les activités des associations. L’école d’infirmières a longtemps prêté ses locaux au CIL pour ses réunions mais sa fermeture nous a mis à la rue. Cette absence d’espaces publics manque à la vie du quartier.
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